Saviez-vous que l’acné est une maladie inflammatoire de la peau ?

Publié le : 15/09/2017 09:48:48
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Au fond, qu’est-ce que l’acné et pourquoi sommes-nous tous touchés un jour ou l’autre par ces fameux comédons communément appelés « boutons » ?

L’acné est une maladie inflammatoire des follicules pilo-sébacés favorisée par les poussées hormonales de l’adolescence. L’excès de sébum ainsi qu’une sécrétion lipidique riche en acides gras saturés, provoque la formation de microkystes appelés « points blancs » et de comédons surnommés « points noirs ».

Poussée d'acné

Pourquoi attrapons-nous des boutons ?

Nos hormones sont à l’origine de l’acné qui se déclare à la puberté. Mais que ce passe-t-il dans notre organisme ?

Les hormones et l’acné

Les androgènes, dont la testostérone qui est plus élevée à l’adolescence, induit une montée de noradrénaline. Cette catécholamine intervenant comme une hormone accélératrice des pulsions, augmente alors la lipolyse (acides gras circulants dans notre corps) favorisant la séborrhée.

Autrement dit, si notre alimentation est composée essentiellement d’acides gras saturés considérés comme étant les « mauvaises graisses » de notre organisme (produits laitiers, viandes, confiseries, fritures, etc.), les pores situés à la surface de notre muqueuse se bouchent, entrainant une prolifération de bactéries. C’est l’apparition du comédon.

De plus, les androgènes stimulent également la multiplication des glandes sébacées.  

Une constatation faite en dermatologie note que l’application d’une crème contenant de la testostérone sur le front de garçons n’ayant pas atteint la puberté, multiplie par 15 l’excrétion de sébum[1].

La noradrénaline, engendrée par un excès hormonal à l’adolescence, augmente nos envies pulsionnelles et engendre l’effet pervers d’accoutumance aux mauvaises graisses et/ou au sucre afin de nous apporter calme et sérénité (la sérotonine). La conséquence n’est rien d’autre qu’une poussée d’acné amplifiée.

Le stress et l’acné

Le stress favorise également la poussée d’acné.  En effet, un stimulus implique une montée de noradrénaline activant la sortie des graisses de notre tissu adipeux. Comme cité précédemment, cette lipolyse entraîne une augmentation des acides gras circulants dans le sang. Les conduits des glandes sébacées se bloquent et favorisent le développement de bactéries. Le bouton apparait.

Le sucre et l’acné

La prise de sucres rapides ne fait pas bon ménage. Notre corps transforme les sucres ingérés en triglycérides dans le foie (glucoses transformés en lipides). Ces triglycérides agissent comme des acides gras saturés et vont boucher les pores cutanés. Mais ce n’est pas tout, ces sucres rapides stimulent l’insuline ainsi qu’un facteur de croissance appelé IGF1 qui favorise la séborrhée, l’inflammation et l’acné.

Pour résumer, prenons l’exemple d’un adolescent en pleine croissance. Si ce dernier se nourrit d’un petit déjeuner à base de pain blanc (bombe à sucre) et de « nutella », bourré d’huile de palme (graisse saturée) ou de kellogg's (rempli de sucres rapides) et qu’il n’a pas l’occasion d’évacuer son stress quotidien via une pratique sportive, cet adolescent développera certainement une séborrhée excessive remplie de mauvaises graisses rigides. A cela s’ajoute la poussée hormonale, qui impact son cerveau en perturbant son contrôle pulsionnel. Cette mauvaise synergie favorise des comportements alimentaires à risques, comme la boulimie ou l’attirance pour des aliments sucrés et/ou gras.

Les perturbateurs endocriniens et l’acné

Il existe de nombreux perturbateurs endocriniens que l’on retrouve dans l’air, l’eau, les aliments, les maisons, les textiles, les cosmétiques, tels que les dioxines, les PCB, les parabènes, les chlorobenzènes, les retardateurs de flammes, etc. Ces acnés appelées chloroacnés[2], peuvent exister en l’absence d’hyper-androgénie ou être des co-facteurs aggravants d’acné hyperandrogénique. Ils sont aussi incriminés dans l’aggravation des ovaires polykystiques et agissent comme des facteurs d’acné chez la femme.

Le soleil et l’acné

Le soleil peut aider à diminuer l’acné sur le court terme. Les ultraviolets qu’il contient permettent de fabriquer de la vitamine D qui a un effet anti-inflammatoire et anti-microbien. Cependant l’amélioration est transitoire et les UV entrainent une aggravation secondaire expliquée par plusieurs mécanismes :

-        Les UV engendrent des radicaux libres, dont l’oxygène singulet « O2 » qui est pro-oxydant et secondairement pro-inflammatoire (responsable des allergies au soleil, les lucites, des coups de soleil, etc.). Ce radical libre peut-être en partie bloqué par la superoxyde dismutase qui agit comme antioxydant.

-        Les UV mobilise le fer dans la peau. Ce minéral a un effet pro-oxydant et pro-inflammatoire et entraine également la prolifération des bactéries qui donc, après avoir été réduite en nombre grâce à la vitamine D, se re-multiplient plus vite qu’avant l’exposition.

-        Les UV endommagent les lipides du sébum par oxydation et vont les rendre encore plus rigides.

Pourquoi parle-t-on de maladie inflammatoire de la peau ?

Le comédon a besoin d’inflammation pour se développer. Les bactéries présentent sur notre peau et au sein de nos pores prolifèrent et entraînent d’abord une inflammation, tant qu’elles sont suffisamment contrôlées par les défenses immunitaires. Le point noir, devient un point rouge, puis une infection lorsqu’elles ne le sont plus. Le point rouge devient un point jaune. La bactérie dominante dans la formation du comédon est Propionibacterium acnes et celle-ci se développe en présence d’inflammation créant une poussée d’acné généralisée au niveau des glandes sébacées (visage, dos, poitrine, etc.). Une acné qui se développe en profondeur crée un nodule. Le nodule, la forme la plus grave, peut laisser des cicatrices.

Quelles sont les aliments favorables à une poussée d’acné ?

Les aliments riches en acides gras saturés bouchent les pores et favorisent la poussée d’acné.

Malheureusement les produits laitiers sont souvent incriminés dus à leurs consommations quotidiennes (lait, fromage, beurre, etc.). Ces derniers sont riches en acides gras saturés et trans, ainsi qu’en composés stéroïdes (lipides) qui augmentent la sévérité de l’acné. Ils activent les récepteurs aux androgènes, la formation des comédons, la séborrhée et l’inflammation des follicules[3]. En analysant les laits vendus sur le marché, les chercheurs trouvent 15 hormones stéroïdes différentes, dont le 5-alpha pregnanedione, un précurseur de la testostérone, et leurs taux sont encore plus élevés dans le lait écrémé[4].

La consommation de glucides rapides (sucre, biscuits, viennoiseries, pain blanc, etc.) favorisent également la montée des lipides circulants et agissent comme facteurs aggravants.

Une étude récente faisant le point sur les relations entre aliments, stimulations des voies inflammatoires (voie mTOR) et acné, pointe vers quatre facteurs majeurs : l’excès de sucres rapides, les produits laitiers, l’excès de graisses saturées et trans, le manque d’acides gras oméga 3[5].

Graisses saturées

Les nutriments indispensables pour lutter contre l'inflammation cutanée ?

La peau a besoin d’être huilée par ce qu’on appelle le sébum, afin d’être protégée du dessèchement cutané et d’intervenir dans l’imperméabilisation de la peau, sa souplesse et dans ses défenses anti-microbiennes. Ce sébum, sécrété par les glandes sébacées, est composé d’un mélange de triglycérides, d’acides gras libres et autres composés (squalènes, etc.).  

Afin de lutter efficacement contre l’acné, ce sébum doit être pourvu d’acides gras polyinsaturés. Ces bonnes graisses sont fluides et favorisent l’écoulement du sébum et ne vont pas boucher nos glandes sébacées. Elles agissent également comme anti-inflammatoires et diminuent donc les poussées d’acné.

Les oméga 3

La présence d’oméga 3 dans le sébum, inhibe fortement la formation de médiateurs puissamment inflammatoires qui sont les leucotriènes (LTB4)[6]-[7].

L’augmentation des graisses mono et polyinsaturées[8] au détriment des graisses saturées, tient une place essentielle dans la stratégie de prévention et du traitement de l’acné.

Les sources principales sont les huiles (lin, cameline, colza, noix, etc.). Pour compléter les apports en oméga 3 :

-        Noix

-        Végétaux verts

-        Graines de lins broyées

-        Graines de chia

-        Les petits poissons gras : hareng, maquereau, sardine, anchois non salés, à consommer crus, marinés, vapeur et éviter de les cuirs à la poile (les oméga-3 s’oxydent en cas de forte chaleur). Evitez les contenants métalliques et plastiques bourrés de perturbateurs endocriniens et privilégiez les bocaux en verres.

Il existe des compléments alimentaires d'oméga-3 contenant des apports optimaux d'epa-dha, précurseurs des prostaglandines de type 3 (anti-inflammatoires).

Le zinc

Le zinc aide à métaboliser les androgènes et à les moduler. Il est également anti-inflammatoire car il inhibe les effets pro-inflammatoires du fer en excès. De plus c’est le minéral le plus important pour les défenses anti-infectieuses.

Or les apports en zinc sont selon les études insuffisants, alors que pendant l’adolescence, comme pendant la période de forte croissance du petit enfant et la grossesse, les besoin sont augmentés.

Le zinc est présent dans les végétaux, mais très mal absorbé. Les sources biodisponibles sont les fruits de mer, les poissons et les viandes. Cependant les viandes ont une action pro-inflammatoire et pro-oxydante sur notre organisme, générées par l’apport élevé en leucine, en fer, en acide arachidonique, surtout si elles sont trop cuites, sont à recommander uniquement à l’adolescence ou pendant la grossesse. Le plus judicieux serait de favoriser :

-        Petits poissons (les moins pollués – voir plus haut)

-        Les viandes blanches (biologiques)

-        Les oléagineux (noix, noisettes, amandes, etc.)

Pour répondre aux besoins augmentés, il est techniquement nécessaire d’ajouter un complément alimentaire contenant un sel de zinc biodisponible (citrate ou bisglycinate).

La vitamine D

Cette vitamine est importante en tant qu’anti-inflammatoire, anti-infectieuse. Or les capacités de synthèse l’hiver sont quasiment nulles du fait d’un ensoleillement faible et les apports alimentaires sont insuffisants. L’idéal est de doser la vitamine D plasmatique par le médecin traitant et de se supplémenter. Il est conseillé d’optimiser un apport de 1200 à 2000Ui de vitamine D3 par jour.

Le chocolat noir

Le chocolat noir à plus de 74% est lui recommandé car il est riche en polyphénols (anti-inflammatoire) et a des effets positifs sur le contrôle pulsionnel via la sérotonine (hormone favorisant le frein des pulsions). Les publicités mensongères à l’encontre du chocolat comme facteur déclenchant l’acné, ont probablement été influencées par des chocolats industriels pauvres en cacao (contenant les polyphénols) et riches en sucres.

Le magnésium

Le magnésium a non seulement un effet anti-stress car il module l’impact de la noradrénaline au niveau cellulaire (inhibiteur calcique), mais il améliore également la tension pulsionnelle (la sérotonine) et agit comme anti-inflammatoire (calme l’hyperactivité des globules blancs). On en retrouve dans l’alimentation courante, comme dans les végétaux ainsi que dans les oléagineux, le chocolat, etc. Cependant ce minéral est surconsommé par notre mode de vie et doit être apporté par une supplémentation afin de couvrir nos besoins quotidiens (énergie, stress, sport, défenses immunitaires). L’apport alimentaire est en moyenne de 240mg de magnésium alors que notre corps a besoin de +- 400mg (apport journalier recommandé) pour une personne en bonne santé. Le glycérophosphate ainsi que le bisglycinate de magnésium sont les formes les mieux absorbées par l’organisme.

Antioxydants et polyphénols

Les acides gras polyinsaturés sont vulnérables à l’oxydation et doivent systématiquement être protégés par des antioxydants et des polyphénols. Par ailleurs les personnes porteuses d’acné ont des manques plus sévères en antioxydants que les autres comme le démontre plusieurs études[9]-[10]. Ces personnes manquent également de zinc. Enfin, les antioxydants et polyphénols contribuent aux effets anti-inflammatoires.

Les polyphénols contribuent également à réduire les risques de surpoids et d’intolérance au glucose qui sont des facteurs favorisant l’acné. Si l’insuline diminue, les triglycérides diminuent également. Une équipe coréenne a démontré que l’EGCG de thé vert a des effets anti-séborrhéiques et antibactériens et confirmé sa puissante action anti-inflammatoire[11]-[12]. L’étude randomisée chez les patients a objectivé l’amélioration clinique significative après 8 semaines.

 Antioxydants et polyphénols

Les boutons, on en viendra à bout pour de bon !

En prévention ainsi que lorsque l’acné s’est déjà installée, privilégiez une alimentation anti-inflammatoire, des apports réduits en graisses saturées et augmentés en oméga 3, une alimentation pauvre en sucres rapides au profit des glucides complexes (céréales, légumineuses), la vitamine D, le zinc, le magnésium. Diminuez également votre stress en pratiquant une activité sportive quotidienne, du yoga, des séances de relaxation (massages), des saunas.

Petites recommandations d'hygiène cutanée

Il est fortement déconseillé de percer ses boutons. Ce faisant vous augmentez l’inflammation et vous favorisez la propagation des infections. Un nettoyage de la peau doit être fait dans des conditions aseptiques avec les outils appropriés d’un dermatologue. Vous pouvez également déboucher les pores obstrués par des acides gras saturés à l’aide d’un pain dermatologique sans savon. Les savons contenant trop de détergents, privent la peau de sa protection lipidique et crée une aggravation de la séborrhée. Les savons liquides en plastique sont encore plus nocifs car ils contiennent ces fameux perturbateurs endocriniens. Evitez également les lotions anti-acnés contenant des désinfectants et agissant comme pro-oxydants et pro-inflammatoires. Enfin, évitez de vous rincer le visage avec l’eau du robinet qui est en moyenne à 8 pH, alors que le pH optimal pour la peau est de 4,7 et remplacée celle-ci par des eaux minérales (pH à 6).

[1] Hollad DB et al, Differential response of sebaceous glands to exogenous testosterone, Br J Dermatol, 1998, 139 (1) : 102-3
[2] Qiang Ju et al, Environmental pollution and acne : chloracne, Dermatoendocrinol, 2009, 1 : 125-128 – Passarini B et al, Chloracne : still cause for concern.
[3] Melnik BC et al, Evidence for acne-promoting effects of milk and other insulinotropic dairy products, Nestle Nutr Workshop Pediatr Program, 2011, 67 : 131-45
[4] Danby FW, Acne, dairy and cancer : the 5alpha-P link, Dermatoenocrinol, 2009, 1 : 12-6
[5] Melnik BC et al, Linking diet to acne metabolomics, inflammation, and comedogenesis : n update, Clin Cosmet Investig Dermatol, 2015, 8 : 371-88
[6] James MJ et al, Dietary polyunsaturated fatty acids and inflammatory mediator production, Am J Clin Nutr, 2000, 71.
[7] Alestas T el al, Enzyme involved in the biosynthesis of leukotriene B4 and prostaglandin E2 are active in sebaceous glands, J Mol Med, 2006, 84 (1) : 75-87.
[8] Logan AC et al, Linoleic acis and acne vulgaris, Br J Dermatol, 2008, 158 : 201-2
[9] El-Akawi Z et al, Does the plasma level of vitamins A and E affect acne condition ? Clin Exp Dermatol, 2006, 31 (3) : 430-4
[10] Ozuguz P et al, Evaluation of serum vitamins A and E and zinc level according to the severity of acne vulgaris, Cutan Ocul Toxicol, 2014, 33 (2) : 99-102
[11] Im M et al, Epigallocatechin-3-gallate suppresses IGF-I-inducted lipogenesis and cytokine expression in SZ95 sebocytes, J Invest Dermatol, 2012, 132 (12) : 2700-8
[12] Yoon JY et al, Epigallocatechin-3-gallate improves acne in humans by modulating intracellular molecular targets and inhibiting P acnes, J Invest Dermatol, 2013, 133 (2) : 429-40

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